Derrière l’image de l’artiste Thieu.

Nico Babot

La photo d’artiste a été prise par Nico Babot dans les collines de La Alcayna (Molina de Segura), concrètement à quelques mètres de la Torre de Vigilencia, une tour permettant de surveiller les éventuels débuts d’incendie à des kilomètres à la ronde. 

Pour ce cliché, il m’a suffi de grimper sur un escabeau. Lui-même étant positionné sur un rocher à deux pas d’une falaise abrupte, je n’en menais pas large. Pas de danger véritable, mais allez expliquer cette nuance à votre cerveau !

Nico enchaînait les prises jusqu’au moment où l’escabeau se mit à trembler trop dangereusement selon mon cerveau, donc. Cette peur qui se lit sur mon visage n’est finalement pas celle d’un acteur talentueux feignant un décollage en parapluie, mais celle d’un écervelé se pensant à deux doigts de s’écraser. Heureusement, il est fort difficile pour un oeil non-entraîné de distinguer le talent d’une peur authentique.

Photoshop aidant, le résultat est fascinant. Je m’envole !

Derrière l’image « Le Faiseur de Parapluie »

Nico Babot

La photo illustrant le titre « Le Faiseur de Parapluie », ainsi que le court-album « QUARANT4INE », a été prise par Nico Babot à Bolnuevo (Puerto de Mazarrón) sur la Costa Cálida espagnole. Ce lieu me tient particulièrement à cœur, car c’est l’un de nos endroits préférés depuis que ma famille et moi résidons dans la région. J’aime son côté tranquille, familial, loin de l’image des complexes touristiques comme Benidorm ; j’aime la zone montagneuse qui prolonge sa plage de sable vers le sud et offre ici et là des calas sauvages pleines de poissons et de pieuvres cachées dans ses rochers. 

Mais pour ce projet, nous étions loin d’un shooting d’influenceur Instagram. Poser en plein soleil de printemps à Murcia, habillé d’un imperméable jaune à capuche, de bottes jaunes et armé d’un parapluie multicolore en guise d’ombrelle, ne fut ni des plus agréables, ni des plus discrets ! 

J’avais chaud dans ma papillotte, et les planches en bois qui s’étalaient sur le sable avaient comme des allures de plancha ! 

Je soupçonne Nico d’avoir eu malin plaisir à faire durer cette séance photo 😉

Derrière l’image de « Walnut Grove »

Photo de Nico Babot

L’illustration de Walnut Grove a été faite par Nico Babot venu nous rendre visite spécialement, en Espagne, à Altorreal (Molina de Segura). C’est là où nous vivons ma famille et moi, à deux pas du Lycée Français où mon fils va à l’école. C’est une magnifique zone de collines rocheuses qui surplombe la ville de Murcia, où se mêlent romarin et thym au pieds des pins éparses.

Il faut avouer qu’il ne m’a pas été très difficile de trouver à proximité de gros engins de chantier pour illustrer l’insatiable appétit des hommes pour le béton, même dans ce coin de nature.

Pour trouver une bonne lumière et la fraîcheur du matin, nous sommes arrivés avec les premiers rayons du soleil.

Mon fils a eu la gentillesse et la patience de se prêter au jeu. Un enfant : voilà la touche d’optimisme dans ce triste cliché. Avez-vous vu la libellule qu’il a dessiné pour l’occasion ?

Entre les lignes de « L’envol »

« L’envol » est une chanson illustrant l’émancipation et qui trouve ses paroles entre les grains de blé.

Été 1997, j’ai 18 ans, je participe pour la première fois aux moissons. Je suis accepté en école d’ingénieur en agriculture à l’ISAB (aujourd’hui UniLaSalle Beauvais), et pour mieux appréhender le monde agricole avant la rentrée, me voici en stage de découverte en ferme.

C’est bien une découverte pour moi, fils de tapissier et d’infirmière. Et c’est un sérieux changement qui se dessine : me voilà partagé entre appréhension et excitation. Je vais quitter mon village de Saint-Léger-sous-Brienne, quitter mes attaches, direction l’intimidante région parisienne (Cergy-Pontoise) pour rejoindre les bancs d’un amphithéâtre. Je n’imagine alors pas à quel point les cinq années à venir me forgeront sur tant de plans. Sur tous les plans.

La photo que je joins fige sur le papier mon retour à la maison après ma première journée de moisson. Crasseux, fatigué, mais fier et heureux.

« Si le vent »

Écoute le vent

Il porte le sel marin, porte mon chant

La caresse de mes mains, ces presque rien

Qui manquent tant

🌬️ 🪁

Si le vent

Pouvait te souffler mot de mes sentiments

Et si, comme avant

Tu saisis le détail, figes le temps

Écoute le vent

🌬️ 🪁

Et si le vent

Pouvait souffler nos maux et comme avant

Décoiffer nos cheveux, les emmêlant

Nous mêlant

🌬️ 🪁

Mais si le vent

Promène les chars à voile, les cerfs-volants,

Déplace les vagues, les dunes, le mauvais temps

Se transforme en tempête, en ouragan,

Érode les montagnes, ignore le temps

Pourquoi ne veut-il pas souffler doucement

Sur ton cœur ?

« L’envol »

Des jours durant j’ai vacillé

Tremblant au souffle chaud du vent sans plus d’effet

Habillée de blanc sans autre pensée

Que d’épouser le vent volage qui virevoltait

Entre les blés

🌼

Ça y est, ça m’est arrivé

Séchez vos pleurs les saules, je quitte le pré

Ça y est, mes attaches ont lâché

La blanche graine de pissenlit s’en est allée

🌼

Je m’arrache du plancher des pâquerettes

Au ras des vaches me regardant je passe avec entrain

Petit le pré, toutes petites les bêtes

Je m’élève hébétée sans rien, sans les ailes, sans les mains

🌼

Ça y est, ça m’est arrivé

Séchez vos pleurs les saules, je quitte le pré

Ça y est, mes attaches ont lâché

La blanche graine de pissenlit s’en est allée

🌼

Je vole 

Je vole

Hep les oiseaux ! Regardez ! Je vole !

Hep les oiseaux ! Non, mais regardez là ! Je vole !

Je vole

Je vole

🌼

Ça y est, ça m’est arrivé

Pas de mouron les oiseaux, voyez, je quitte le pré

Ça y est, mes attaches ont lâché

La blanche graine de pissenlit s’en est allée

🌼

Je vole

Je vole

Je vole

Je vole

« Le flambeau »

Remonter le cours de la rivière

Retrouver la douceur de la frayère

La fraîcheur de naguère

Retrouver un lit mou limoneux

Les doux remous, les bulles, les flots mousseux

L’idée rend envieux

🐟

Mais sur Terre et dans l’eau

Rien ne peut contrer le flot

L’érosion des saisons

Nous lessive à sa façon

🐟

Prolonger le printemps, le bon air

Remonter le mauvais temps, fuir l’hiver

Et fuir le lac du Der

Laisser la morte saison derrière

Migrer en V vers la douce atmosphère

Quelle envieuse prière

🦆

Mais sur Terre et dans l’air

Rien ne peut contrer le flot

L’érosion des saisons

Nous burine à sa façon

🦆

Envieux, envieuse, regrette tes jeunes années 

Envieux, envieuses

Envieux, envieuse, regrette tes jeunes années 

Envieux, envieuses

🐓

Revivre sa vie à l’envers

Inverser le temps, le temps d’être père

Le temps d’être mère

Se revoir comme notre enfant enfant

Et réapprendre la vie autrement

En balbulleciment

🐣

Et sur Terre sur terre

Si l’on ne peut contrer le flot

Nos rêves et nos passions

Font fi du temps, des saisons

Et sur Terre sur terre

Rien n’arrête le flambeau

Des rêves et des passions

Des jeunes générations

Et sur Terre sur terre

« Walnut Grove »

Dans la suave pause nocturne

Des lucioles brillent, poussières d’étoiles s’envolent

Libellules endormies reposent leurs ailes dans le calme de la nuit

🐜

Oh, et mille collemboles

S’affolent en farandoles

Tout une ville

Comme mille et une fourmis

Besognant dans la nuit

🐝

Dans la prairie assoupie

Les herbes folles semblent comme assagies

Dans l’eau claire d’une ornière

Des daphnies dansent comme les lucioles dans l’air

🪲

Oh, et mille collemboles

Foisonnent et farandolent

Tout une ville

Quand s’endort la prairie

Ils besognent dans la suie

🦋

Dans la quiétude du matin

La cloche sonne, celle du village voisin

Libellules endormies, premières pétrifiées

Sous des roues ensevelies

Oh, la charge d’un bulldozer

Élève de la poussière

Toute une vie

Toute une ville ensevelie

Une nouvelle Pompei