« Si le vent »

Écoute le vent

Il porte le sel marin, porte mon chant

La caresse de mes mains, ces presque rien

Qui manquent tant

🌬️ 🪁

Si le vent

Pouvait te souffler mot de mes sentiments

Et si, comme avant

Tu saisis le détail, figes le temps

Écoute le vent

🌬️ 🪁

Et si le vent

Pouvait souffler nos maux et comme avant

Décoiffer nos cheveux, les emmêlant

Nous mêlant

🌬️ 🪁

Mais si le vent

Promène les chars à voile, les cerfs-volants,

Déplace les vagues, les dunes, le mauvais temps

Se transforme en tempête, en ouragan,

Érode les montagnes, ignore le temps

Pourquoi ne veut-il pas souffler doucement

Sur ton cœur ?

« L’envol »

Des jours durant j’ai vacillé

Tremblant au souffle chaud du vent sans plus d’effet

Habillée de blanc sans autre pensée

Que d’épouser le vent volage qui virevoltait

Entre les blés

🌼

Ça y est, ça m’est arrivé

Séchez vos pleurs les saules, je quitte le pré

Ça y est, mes attaches ont lâché

La blanche graine de pissenlit s’en est allée

🌼

Je m’arrache du plancher des pâquerettes

Au ras des vaches me regardant je passe avec entrain

Petit le pré, toutes petites les bêtes

Je m’élève hébétée sans rien, sans les ailes, sans les mains

🌼

Ça y est, ça m’est arrivé

Séchez vos pleurs les saules, je quitte le pré

Ça y est, mes attaches ont lâché

La blanche graine de pissenlit s’en est allée

🌼

Je vole 

Je vole

Hep les oiseaux ! Regardez ! Je vole !

Hep les oiseaux ! Non, mais regardez là ! Je vole !

Je vole

Je vole

🌼

Ça y est, ça m’est arrivé

Pas de mouron les oiseaux, voyez, je quitte le pré

Ça y est, mes attaches ont lâché

La blanche graine de pissenlit s’en est allée

🌼

Je vole

Je vole

Je vole

Je vole

« Le flambeau »

Remonter le cours de la rivière

Retrouver la douceur de la frayère

La fraîcheur de naguère

Retrouver un lit mou limoneux

Les doux remous, les bulles, les flots mousseux

L’idée rend envieux

🐟

Mais sur Terre et dans l’eau

Rien ne peut contrer le flot

L’érosion des saisons

Nous lessive à sa façon

🐟

Prolonger le printemps, le bon air

Remonter le mauvais temps, fuir l’hiver

Et fuir le lac du Der

Laisser la morte saison derrière

Migrer en V vers la douce atmosphère

Quelle envieuse prière

🦆

Mais sur Terre et dans l’air

Rien ne peut contrer le flot

L’érosion des saisons

Nous burine à sa façon

🦆

Envieux, envieuse, regrette tes jeunes années 

Envieux, envieuses

Envieux, envieuse, regrette tes jeunes années 

Envieux, envieuses

🐓

Revivre sa vie à l’envers

Inverser le temps, le temps d’être père

Le temps d’être mère

Se revoir comme notre enfant enfant

Et réapprendre la vie autrement

En balbulleciment

🐣

Et sur Terre sur terre

Si l’on ne peut contrer le flot

Nos rêves et nos passions

Font fi du temps, des saisons

Et sur Terre sur terre

Rien n’arrête le flambeau

Des rêves et des passions

Des jeunes générations

Et sur Terre sur terre

« Walnut Grove »

Dans la suave pause nocturne

Des lucioles brillent, poussières d’étoiles s’envolent

Libellules endormies reposent leurs ailes dans le calme de la nuit

🐜

Oh, et mille collemboles

S’affolent en farandoles

Tout une ville

Comme mille et une fourmis

Besognant dans la nuit

🐝

Dans la prairie assoupie

Les herbes folles semblent comme assagies

Dans l’eau claire d’une ornière

Des daphnies dansent comme les lucioles dans l’air

🪲

Oh, et mille collemboles

Foisonnent et farandolent

Tout une ville

Quand s’endort la prairie

Ils besognent dans la suie

🦋

Dans la quiétude du matin

La cloche sonne, celle du village voisin

Libellules endormies, premières pétrifiées

Sous des roues ensevelies

Oh, la charge d’un bulldozer

Élève de la poussière

Toute une vie

Toute une ville ensevelie

Une nouvelle Pompei

«  Le faiseur de parapluie »

Un peu plus bas !

Lance-t-il aux grives, aux moineaux

Plus bas !

J’attacherai mes chats s’il le faut

Rase-mottez mieux que ça !

Faites-moi pleuvoir des tonneaux

Des trombes à vous tremper les os !

☂️

Comment puis-je faire des affaires quand il fait un soleil radieux

Toutes les ombrelles, amen, sont mortes avec nos aïeux

L’insolation, je prends les paris, aura raison des plus vieux

« Pluvieux » ? Vous avez dit « pluvieux » ?

☂️

À vos échelles !

Lance-t-il aux grenouilles de son cerveau

Mes belles

J´veux vous voir toutes grimpées aux barreaux

Visez le ciel !

Faites-moi pleuvoir des tonneaux

Des trombes à vous tremper les os !

☂️

Gamin déjà j’aidais mon père confectionnant des parapluies

Ce stock de pépins démentiel, c’est le fruit de toute ma vie

Mais son usage est devenu rare, plus que tirer l’eau du puit

« L’eau de puit » ? Vous avez dit « de l’eau de pluie » ?

☂️

A capella

Il chante les fleurs, les oiseaux

La la la

Il chante consciencieusement faux

Arrosez-moi ça !

Faites-moi pleuvoir des tonneaux 

Des trombes à vous tremper les os !

☂️

J’aimerais avant de mourir jouir de Cherbourg sous la pluie

Les rues gorgées de passants se promenant sous les parapluies

Y’aurait des rouges, des jaunes, toutes les couleurs de la vie

De la vie…

Toutes les couleurs de ma vie

Toutes les couleurs de ma vie

«  Tu t’éclates »

Ce soir tes lèvres sont rouges

Tes yeux aussi

C’est quand même pas ce con qui va te pourrir la vie

Tu arraches l’étiquette à deux zéros de tes souliers vernis

👠

Est-ce que tu l’aimes encore ? Tu sais plus trop…

Tu le détestes alors ? Pas plus d’écho

Pourquoi son visage d’ange s’attache à ton cerveau ?

👠

Tu t’éclates

C’est ça, depuis, tu revis

Toi, tes copines en boîte

Tu danses, tu danses, tu rigoles toute la nuit

Et tu pleures aussi

T’as l’alcool triste un peu

Pis t’es fragile des yeux

Mais non, c’est pas ce con

C’est, tu sais, c’est… Tu sais, c’est… Tu sais…

👠

Tu t’éclates

C’est ça, et tu revis

Toi, tes copines en boîte

Tu danses, tu rigoles, tu picoles toute la nuit

Et tu pleures aussi

T’as l’alcool triste un peu

Puis t’es fragile des yeux

Puis t’es fragile des yeux

👠

Non rien de rien

Qui regretterait un rien ?

Un moins que rien…

👠

Ce soir tes lèvres sont rouges

Tes yeux aussi

« Rupture »

Voyons-y comme un commencement

La vie s’étale, un rien banale

À nous d’en tracer les tournants

N’y voyons pas un point final

Tout juste un d’interrogation

Où me mènera demain ?

Je n’en sais rien

🚙

Je plie mes valises, range mes chemises

Mon auto blindée comme un char

Le monde s’effondre, poignées d’secondes

Mes yeux s’embuent et je démarre

Et file et fonce à vive allure

Pas le temps de penser mes blessures

Sûr, m’attend un ciel azur

Pur, le parfum des fruits mûrs de cette rupture

🚙

Je m’enthousiasme puis je regrette

C’est tout Picasso dans ma tête

C’est moins grisant cet inconnu

Quand on sait qu’on ne reviendra plus

Je suis tout patraque, le bide en vrac

Pas le cœur à tourner les serviettes

Le doute me frappe comme une grande claque

Ébranle mes plans sur la comète

« Rêves de gosse » 

Nos rêves s’effacent en grandissant

Volés, voilés par le temps

Nos rêves de gosse s’effacent, font place

À ceux fabriqués par les grands

🧸

Tourne le temps

Tournent les têtes blondes doucement

🔎

Scellés nos livres d’images, de couleurs

Au grenier nos panoplies d’explorateur

D’explorateur

🔭

Nos rêves s’effacent en grandissant

Voilés par le temps

Nos rêves de gosse s’effacent, font place

À ceux des grands

🧑‍🚀

Tourne le temps

Tournent les têtes blondes doucement

🚀

Envolés tes rêves de princesse, petite sœur

Au grenier avec mes guêtres d’explorateur

D’explorateur