Les coulisses du clip de « Tu t’éclates »

Le clip de « Tu t’éclates » a été tourné en juin 2021 dans le sud de l’Espagne, dans la région de Murcie où nous vivons avec ma famille.

Des scènes « réelles » (filmées en intérieur) se distinguent de scènes « imaginaires » (en extérieur), le personnage principal passant au cours de la chanson de la réalité à ses pensées.

Les scènes de danse se passent dans la commune de Puerto de Mazarrón, au bar El Faro Cafetería. Pedro nous a généreusement permis l’accès à ses terrasses : vue imprenable sur le port et la baie !

Les images ont été tournées par Juan Alfonso Moreno et Roberto Escalante, de GMT.

Le personnage principal est joué par ma femme Polina.

Les chorégraphies, superbes, ont été imaginées par Maria Gimenez.

Les danses sont interprétées par Polina, Maria et Idoia.

Des goélands ont bien tenté de leur voler la vedette, en s’attaquant au drone, mais Roberto a su déjouer leurs attaques dans cette joute aérienne.

Le montage est le fruit d’un travail collaboratif avec Juan Alfonso.

Plusieurs personnes remarquables ont donc participé à ce beau projet. Des rencontres enrichissantes et une belle aventure humaine !

«  Tu t’éclates »

« Ce soir tes lèvres sont rouges

Tes yeux aussi

C’est quand même pas ce con qui va te pourrir la vie

Tu arraches l’étiquette à deux zéros de tes souliers vernis

.

Est-ce que tu l’aimes encore ? Tu sais plus trop…

Tu le détestes alors ? Pas plus d’écho

Pourquoi son visage d’ange s’attache à ton cerveau ?

.

Tu t’éclates !

C’est ça ! Depuis, tu revis !

Toi, tes copines en boîte

Tu danses, tu danses, tu rigoles toute la nuit

Et tu pleures aussi

T’as l’alcool triste un peu

Pis t’es fragile des yeux

Mais non, c’est pas ce con !

C’est, tu sais, c’est… Tu sais, c’est… Tu sais…

.

Tu t’éclates !

C’est ça ! Et tu revis !

Toi, tes copines en boîte

Tu danses, tu rigoles, tu picoles toute la nuit

Et tu pleures aussi

T’as l’alcool triste un peu

Puis t’es fragile des yeux

Puis t’es fragile des yeux

.

Non rien de rien

Qui regretterait un rien ?

Un moins que rien…

.

Ce soir tes lèvres sont rouges

Tes yeux aussi »

Derrière l’image de « Tu t’éclates»

Photo de Nico Babot

Nico est un photographe doué pour immortaliser les paysages de montagne, la lumière au petit matin, les nuits étoilées, la nature.

Jetez un œil à son travail fascinant !

https://www.instagram.com/thekiwifrog/

Peu de personnages dans ses clichés. Parfois la touche de couleur d’un randonneur ou d’une tente dans le décor pour se donner une meilleure idée des proportions.

Mais Nico sait aussi capturer des émotions. Son cliché illustre toute l’essence du titre « Tu t’éclates » : un mélange complexe de sentiments affichés et refoulés que l’alcool aide à révéler.

Entre les lignes de « Tu t’éclates »

« Tu t’éclates » a été écrite en avril 2007.

La chanson trouve son origine dans les discussions téléphoniques que j’ai pu avoir avec deux amies.

Elles ne se connaissaient pas, ne s’étaient jamais rencontrées, mais elles vivaient en parallèle une situation similaire : une séparation amoureuse

Leurs histoires avaient été différentes, mais avaient eu la même conclusion.

Troublantes ressemblances.

D’abord, l’une et l’autre avaient repris contact avec moi alors que nous n’avions pas échangé depuis des années, du moins pas aussi intensément.

On reconnait à cela les bons amis lorsque le dialogue reprend de façon instantanée et naturelle, même après une longue coupure, comme si l’on ne s’était pas parlé depuis la veille. Une reconnexion immédiate.

Les coups de fil se succédaient.

Après la colère, l’abattement, toutes deux affichaient la même volonté de profiter de la vie.

« Je m’éclates ! Je revis » me lançaient-elles. Encourageant.

Je ressentais cependant un décalage entre la joie rayonnante que chacune affichait et la tristesse que je décelai au fond d’elles, à l’autre du fil.

La magie du temps a fait son œuvre.

Au cours de notre vie, on relève finalement tant d’épreuves que l’on pensait insurmontables.

Interview par Arno Koby sur Air Show Radio

Le 15 février 2022, Arno Koby s’entretient avec moi en direct sur AIR SHOW RADIO, et diffuse mes deux premiers singles « Rêves de gosse » et « Rupture ». Une discussion dans une atmosphère bienveillante où je reviens sur mes influences musicales, les arrangements des chansons et la génèse du titre du futur court-album « QUARANT4INE »

« Rupture »

« Voyons-y comme un commencement

La vie s’étale, un rien banale

À nous d’en tracer les tournants

N’y voyons pas un point final

Tout juste un d’interrogation

Où me mènera demain ?

Je n’en sais rien…

.

Je plie mes valises, range mes chemises

Mon auto blindée comme un char

Le monde s’effondre, poignées d’secondes

Mes yeux s’embuent et je démarre

Et je file et fonce à vive allure

Pas le temps de penser mes blessures

Sûr, m’attend un ciel azur

Pur, le parfum des fruits mûrs de cette rupture

.

Je m’enthousiasme puis je regrette

C’est tout Picasso dans ma tête

C’est moins grisant cet inconnu

Quand on sait qu’on ne reviendra plus

Je suis tout patraque, le bide en vrac

Pas le cœur à tourner les serviettes

Le doute me frappe comme une grande claque

Ébranle mes plans sur la comète »

Les coulisses du clip de « Rupture »

Le clip de « Rupture » est une animation réalisée par l’artiste américaine Jessieart.

J’ai imaginé un scénario et un univers que Jessie a su fidèlement restituer.

J’ose y partager une des leçons que je crois avoir saisi de la vie. Humblement.

Au début, cette pousse d’arbre qui végète un peu : c’est moi, c’est vous, c’est n’importe qui.

La vie nous amène parfois à prendre des décisions radicales. Les doutes nous assaillent, mais nous avançons quand même.

Les saisons s’enchaînent, et si l’on se retourne au bout d’un moment, on prend conscience que tout ce chemin parcouru a été jalonné de ces choix, parfois durs à prendre, avec leur lot d’euphorie, de doutes et de déchirements.

« Ai-je pris les bonnes décisions ? »

Les décisions peuvent-elles être bonnes ou mauvaises ?

Selon moi, toutes ces ruptures, aussi douloureuses soient-elles, sont nécessaires ; l’indécision menant quant-à-elle inéluctablement au regret.

Ce sont toutes ces ruptures qui, l’une après l’autre, nous construisent et nous font grandir.

Une fable moderne donc, plutôt des années 90 d’ailleurs si je me fie au modèle de la voiture.

Derrière l’image de « Rupture »

Photo de Nico Babot

Ce matin c’est le grand départ.

J’ai fait le plein hier, la pression des pneus et le niveau d’huile. J’ai même lavé la voiture. Je sais que ça ne sert à rien, que les 1500 kilomètres devant moi auront vite fait de la salir. Mais laver cette carrosserie hier à grande eau, c’était comme diluer mon angoisse.

Mon itinéraire est prêt, manuscrit sur une feuille de papier.

Passer Troyes, ce sera déjà une route sur laquelle je n’ai jamais roulé par moi-même. Et alors passer la frontière, je n’en parle même pas…

J’ai toute ma jeune vie dans ces valises. J’ai pris aussi ma guitare et une chaise.

Franchement, qui d’autre que moi emmènerait une chaise dans ce périple ?

Ce n’est pas n’importe quelle chaise ! Il y a tant de souvenirs imprégnés dans son tissu.

Je vérifie une dernière fois mon chargement. Tout est bien calé. Le moteur ronronne tranquillement.

Moi, je trépigne et je tremble. Mélange déconcertant d’excitation et de trouille pure.

J’ai petit déjeuné, sans pouvoir dire ce que j’ai avalé…

Je sens que ce voyage ne me laissera pas indemne.

J’ai gagné ma liberté, et l’enfant que j’ai toujours été me regarde s’en aller.

Un monde sans limite s’offre à moi. Ne voulais-je pas devenir explorateur ? J’ai la peur du grand saut…

Je tourne le contact, avance lentement et passe les grandes grilles blanches du jardin familial.

Photo de Thieu., Espagne, 2001

Entre les lignes de « Rupture »

 « Rupture » a été écrite en juillet 2004.

Jeune actif, je vivais alors à Rennes, en colocation avec des personnes de diverses nationalités. Mes déménagements successifs et cette nouvelle « Auberge Espagnole » me rappelèrent la parenthèse de mes études à l’étranger. Et je sortis ma guitare.

Quelques années plus tôt, donc, j’étudiai en Espagne grâce aux échanges universitaires Erasmus.

J’aurais pu rester tranquillement à Beauvais, où j’avais trouvé mon équilibre.

Cette décision de « rompre » avec la facilité avait été dure à prendre.

La Raison me faisait penser qu’étudier à l’étranger serait une expérience enrichissante, mais au fond j’étais terriblement angoissé.

Une foule de questions s’agitaient dans ma tête, sans réponses.

J’acceptai le grand saut.

Je partis en voiture de mon village natal, dans l’Aube.

1500km, 2 jours de route seul avec mes fantasmes et avec mes doutes.

Valencia !

Son climat, ses nuits endiablées dans les petits bars Calle de los Caballeros, ses tapas dans le quartier populaire de Benimaclet, ses bains de minuit et ses levers de soleil sur la mer…

Je me liai d’amitié avec des personnes de toutes cultures. Une expérience tellement épanouissante !

J’ai depuis toujours cherché à explorer la nature humaine, à travers notamment mes voyages à l’étranger. Et je vis aujourd’hui en famille dans le sud de l’Espagne, 20 ans après Valencia.

« Rupture » ne parle donc pas spécifiquement d’une rupture amoureuse, mais de toute grande décision que l’on peut être amené à prendre (ou pas ?) dans sa vie. On pense avoir beaucoup à perdre à tout chambouler, mais on a peut-être aussi beaucoup à y gagner !

Qui sait vraiment ?

Comme disent Bigflo et Oli : « Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets. C’est ça le secret ».

« Rêves de gosse »

Nos rêves s’effacent en grandissant

Volés, voilés par le temps

Nos rêves de gosse s’effacent, font place

À ceux fabriqués par les grands

.

Tourne le temps

Tournent les têtes blondes doucement

.

Scellés nos livres d’images, de couleurs

Au grenier nos panoplies d’explorateur

D’explorateur…

.

Nos rêves s’effacent en grandissant

Voilés par le temps

Nos rêves de gosse s’effacent, font place

À ceux des grands

.

Tourne le temps

Tournent les têtes blondes doucement

.

Envolés tes rêves de princesse, petite sœur

Au grenier avec mes guêtres d’explorateur

D’explorateur….