Entre les lignes de « Tu t’éclates »

« Tu t’éclates » a été écrite en avril 2007.

La chanson trouve son origine dans les discussions téléphoniques que j’ai pu avoir avec deux amies.

Elles ne se connaissaient pas, ne s’étaient jamais rencontrées, mais elles vivaient en parallèle une situation similaire : une séparation amoureuse

Leurs histoires avaient été différentes, mais avaient eu la même conclusion.

Troublantes ressemblances.

D’abord, l’une et l’autre avaient repris contact avec moi alors que nous n’avions pas échangé depuis des années, du moins pas aussi intensément.

On reconnait à cela les bons amis lorsque le dialogue reprend de façon instantanée et naturelle, même après une longue coupure, comme si l’on ne s’était pas parlé depuis la veille. Une reconnexion immédiate.

Les coups de fil se succédaient.

Après la colère, l’abattement, toutes deux affichaient la même volonté de profiter de la vie.

« Je m’éclates ! Je revis » me lançaient-elles. Encourageant.

Je ressentais cependant un décalage entre la joie rayonnante que chacune affichait et la tristesse que je décelai au fond d’elles, à l’autre du fil.

La magie du temps a fait son œuvre.

Au cours de notre vie, on relève finalement tant d’épreuves que l’on pensait insurmontables.

Entre les lignes de « Rupture »

 « Rupture » a été écrite en juillet 2004.

Jeune actif, je vivais alors à Rennes, en colocation avec des personnes de diverses nationalités. Mes déménagements successifs et cette nouvelle « Auberge Espagnole » me rappelèrent la parenthèse de mes études à l’étranger. Et je sortis ma guitare.

Quelques années plus tôt, donc, j’étudiai en Espagne grâce aux échanges universitaires Erasmus.

J’aurais pu rester tranquillement à Beauvais, où j’avais trouvé mon équilibre.

Cette décision de « rompre » avec la facilité avait été dure à prendre.

La Raison me faisait penser qu’étudier à l’étranger serait une expérience enrichissante, mais au fond j’étais terriblement angoissé.

Une foule de questions s’agitaient dans ma tête, sans réponses.

J’acceptai le grand saut.

Je partis en voiture de mon village natal, dans l’Aube.

1500km, 2 jours de route seul avec mes fantasmes et avec mes doutes.

Valencia !

Son climat, ses nuits endiablées dans les petits bars Calle de los Caballeros, ses tapas dans le quartier populaire de Benimaclet, ses bains de minuit et ses levers de soleil sur la mer…

Je me liai d’amitié avec des personnes de toutes cultures. Une expérience tellement épanouissante !

J’ai depuis toujours cherché à explorer la nature humaine, à travers notamment mes voyages à l’étranger. Et je vis aujourd’hui en famille dans le sud de l’Espagne, 20 ans après Valencia.

« Rupture » ne parle donc pas spécifiquement d’une rupture amoureuse, mais de toute grande décision que l’on peut être amené à prendre (ou pas ?) dans sa vie. On pense avoir beaucoup à perdre à tout chambouler, mais on a peut-être aussi beaucoup à y gagner !

Qui sait vraiment ?

Comme disent Bigflo et Oli : « Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets. C’est ça le secret ».

Entre les lignes de « Rêves de gosse »

“Rêves de gosse” a été écrite en mai 2007, lors d’un séjour chez mes parents, dans l’Aube.

Il faisait beau et je redécouvrais le grand jardin baigné de lumière, terrain de jeux inépuisable de mon enfance.

Enfant, j’étais captivé par la nature. Je passais des heures autour d’un petit point d’eau à observer tritons et libellules. Et quand il pleuvait, je lisais des romans d’aventures.

Je me voyais déjà devenir explorateur.

Et bien des années plus tard, en 2007, cette plongée dans mes souvenirs avait quelque chose de troublant.

J’étais alors jeune commercial export couvrant l’Afrique, l’Inde et le Moyen-Orient. Je voyageais en avion, je courais le monde en costume cravate. Que j’étais loin du Cousteau et du Paul-Emile Victor de mon enfance !

Ce beau week-end de mai, je réalisais soudain que je trompais l’enfant que j’avais été.

Pas d’aventure dans mes voyages d’affaires, pas de découverte d’espèce animale inconnue !

La chanson est évidemment mélancolique, car elle a été écrite dans ces conditions particulières. Ma guitare, ma voix, les rayons doux du soleil, les chants d’oiseaux, les cerisiers en fleurs, les souvenirs de mon père disparu. Il ne pouvait pas en être autrement.

Une balalaïka en guise de refrain ? Une idée de Pavle, qui m’a beaucoup plu.

Peut-être est-ce un clin d’œil à son enfance à lui (?).

L’arrangement de Pavle permet de rééquilibrer l’ambiance justement.

Car « Rêves de gosse » n’est pas une chanson triste ! C’est une prise de conscience : on ne devrait pas mentir à l’enfant que l’on a été.

Aujourd’hui, je suis effectivement devenu explorateur. En quelque sorte, du moins.

J’explore la nature humaine au fil de mes rencontres. J’accompagne mon fils dans la découverte émerveillante de la nature qui nous environne.

Et puis cette chanson, c’est aussi le fruit de cet autre rêve du grand gosse que j’étais à l’âge de 16 ans. Je me voyais composer des chansons et les jouer à la guitare sèche comme Kurt Cobain au MTV Unplugged de New York !